Chers lecteurs, on nous a fait remonter qu’on ne partageait pas assez les difficultés qu’on rencontre lorsqu’on voyage à vélo, alors voilà un petit combo. A ce propos pour toute question n’hésitez à nous contacter via l’onglet « contact », on ne vous mangera pas.

La plus grande difficulté consiste en fait à se lancer. Quitter boulot, appartement, famille, amis mais aussi un certain confort et une routine. C’est surprenant de réaliser à quel point on peut rester paralysé face à un rêve.

Pour Dounia une des grandes difficultés a été le camping sauvage. Pas évident de se dire qu’on ne sait pas où on va dormir le soir même. J’avais déjà fait du camping sauvage en montagne mais c’est pas pareil. Au début je planifiais les nuits en warmshower ou couchsurfing ce qui imposait une contrainte kilométrique tous les jours. Parfois c’était un peu le stress. Ce qui m’a aidé c’est de faire du camping sauvage avec d’autres cyclos, et avec l’habitude savoir repérer le spot de camping 5 étoiles. Aujourd’hui je préfère rien planifier et avoir la surprise. C’est un vrai plaisir.

En discutant on est tombé d’accord sur plusieurs points :

  • plusieurs jours de pluie. A partir de plus de 2 jours de pluie tout est trempé et ce quel que soit le matos que vous avez.
  • plus d’une semaine sans douche. Avec le temps on s’habitue à sa propre crasse haha ! Mais plus d’une semaine ça devient compliqué. Bien sur se laver en camping sauvage c’est possible mais ça demande un peu plus de travail et d’anticipation. Parfois ça veut dire se trimbaler une poche à eau sur quelques kilomètres.
  • plusieurs jours de vent dans le tête d’affilé
  • les moustiques.

Aussi étrange que ça puisse paraître on a appris à chérir ces difficultés. Attention on dit pas que sur le coup on s’énerve pas mais on a compris que c’est en se mettant en difficulté que l’on commence vraiment à voyager.

Les moments de vulnérabilité, nous poussent à aller vers l’autre pour demander aide et hospitalité. On apprend à oublier notre timidité/égo. Il nous arrive de demander à plusieurs personnes avant de tomber sur quelqu’un d’assez courageux pour nous donner un toit. Ne pas se décourager après le premier, deuxième, troisième.. refus. En 9 mois de voyage ça ne nous ait JAMAIS arrivé de ne trouver vraiment personne pour nous donner ne serait-ce qu’un bout de jardin où planter notre tente.

Autre difficulté, ce n’est pas forcement évident de passer une soirée dans une famille avec laquelle on ne partage pas de langue commune. Ça demande de l’énergie et clairement après une journée de vélo, bien souvent tout ce qu’on veut c’est se reposer. Mais c’est dans ces moments là qu’on en apprend le plus sur le pays. Au début on se pose beaucoup de questions du type « Est ce que ça les gène pas trop qu’on soit là ? Est ce qu’ils nous ont dit de venir chez eux parce qu’ils ont eu pitié de nous ? …. » il faut apprendre à lâcher prise.

Voilà le genre de difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Puis un jour on croise un groupe d’hommes, en jean basket sweat à capuche. Ils se dirigent vers une zone où les nuits oscillent entre -15°C et -20°C. On le sait, on en vient. Malgré tout ils nous saluent avec de larges sourires, nous qui chevauchons des montures hors de prix avec notre matos dernier cris. Eux sont afghans et fuient la violence. Ils sont partis à pied de chez eux espérant trouver à la fin de leur exode un travail qui leur permettra d’envoyer quelques sous au pays. Alors tous les soucis, des deux petits bourgeois que nous sommes, en sont-ils vraiment ? Avons-nous réellement le droit de nous plaindre ? Sûrement, mais pas longtemps alors, et surtout très, mais alors très, discrètement.

Ces difficultés nous les avons choisit. Elles ne sont rien comparées à l’ivresse que nous procure le voyage. Nous sommes libres.