On passe la frontière ouzbek le 26 avril encore une fois sans trop de difficulté. Les douaniers sont très souriants. Direction plein nord pour rallier Boukhara. Ca fait 5 jours sans douche à camper dans le sable sans compter le vent de face qui nous épuise.

Dans le village de qarakol on demande aux taxis l’hôtel le plus proche. Très rapidement une dizaine de personne sont là. Dans le lot il y a Hassan qui parle un français impeccable sans accent. Il est guide et va nous aider à chercher le seul hôtel de la ville. Malheureusement le dit hôtel n’a pas reçu l’autorisation d’héberger les touristes. Et oui en ouzbekistan les touristes sont suivi à la trace. On doit se faire enregistrer au maximum tous les 3 jours dans un hôtel qui délivre un précieux papier à présenter à la sortie.

Moral à zéro. On va dans le premier café du coin pour faire une pause « sucre ». Concrètement ça veut dire : 2 coca chacuns + 2 glaces chacun + un paquet de biscuit chacun. Gab a quand même perdu 10Kg avec ce régime, malheureusement la loi de la nature n’est pas aussi juste pour moi Dounia…

Il faut repartir sortir de la ville pour trouver un bivouac, mais les corps souffrent . Une dame qui était au café, Zulfiya, voit nos têtes déconfites et décide de nous inviter chez elle. Cette mama va nous dorloter et nous faire prendre notre premier hammam ouzbek : le bonheur !

Le lendemain on pédale toujours face au vent en jouant à éviter les nids de poule, si tu perds ta mal aux fesses.  Après une dernière journée de lutte Boukhara est enfin là. Juste le temps de prendre une nuit de repos avant de repartir pour Khiva mais sans les vélos. Le cousin de Gabriel, Victor et sa copine Claudine ont décidé de nous faire une super surprise et de nous retrouver en Ouzbekistan pour 2 semaines.

Pour vous aider voilà une carte de l’ouzbekistan pour un point géographique. 😉

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Tant qu’on y est voilà un gros raccourci sur l’histoire Ouzbek :

L’ouzbekistan a été depuis longtemps sous la domination d’autres empires : les Turcs, Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes.

En 1220 Gengis Khan conquière Samarcande. Puis en 1369 Tamerlan ou Amir Timour (c’est un peu leur roi soleil de l’époque) accède au pouvoir. Connu pour être un chef de guerre redoutable qui aurait massacré près de 5% de la population mondiale de l’époque… Il fera même assassiner son rival pour pouvoir épouser sa femme : Bibi khanoum qui n’est autre que la petite fille de Gengis Khan. Mais ce sanguinaire était aussi un amoureux de l’art. C’est à lui qu’on doit les plus beaux monuments de Samarcande. Car lors de ses campagnes il faisait massacré tout le monde sauf les artisans qu’il faisait rapatrier à Samarcande : sympa ! Sous le règne de Tamerlan, de grandes avancées scientifiques sont faites. Son petit fils Ulugh Beg a été un des premiers grands astronomes et un mathématicien renommé.

A la fin du XIX siècle les russes prennent le contrôle de l’Ouzbekistan. Ce n’est qu’à la chute de l’URSS que le pays prend son indépendance en 1991. Le premier Président Ouzbek a été Karimov avec un mandat de seulement 25 ans. L’actuel président a été élu en 2016 (après la mort du précédent) avec une vrai volonté d’ouverture au tourisme.

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Après avoir récupérer les 2 zigotos à l’aéroport on visite Khiva pendant 2 jours. Le centre de khiva a été très bien restauré et on est totalement séduit. Surtout par les toitures ou ornementations en mosaïques bleus verts. Le dimanche les ouzbeks se baladent dans la ville sur leur 31. Il y a une très bonne ambiance, les gens chantent et dansent en pleine rue sans aucun complexe.

Le minaret du Kalta minor devait faire 70m de haut mais il en fait seulement 35m. Certaines légendes disent que la construction a été stoppé après que l’architecte ait été jeté du haut du minaret pour avoir construit un minaret similaire à Boukahra.

2 jours plus tard, on prend un taxi privé pour Boukhara (c’est la solution la plus confortable et peu cher 50$ à 4 pour faire 500km). Boukhara est aussi un petit joyaux. Si vous êtes là bas il faut absolument faire un hammam. Il y en a un pour les hommes et un pour les femmes dans un magnifique bâtiment qui a plus de 500 ans. Les douillets et pudiques peuvent passer leur chemin. Ici c’est tout le monde à poil, on vous allonge à même le sol sur une pierre chauffante pour vous cuire à point. Ensuite on vous frotte, étire et lave comme un bébé. Une expérience à ne (surtout) pas louper !

 

Une des nombreuses madrasa (école religieuse) de Boukhara

La forteresse de Boukhara

Ici le Chor Minor ou ce qui reste de cette ancienne Madrasah (école religieuse) dont la partie la plus importante a été détruite.

2 papi ouzbek invitent les garçons (uniquement) à boire un (ou plusieurs) verre de vodka avec eux…

De là on enchaine 4 jours de trip au nord de Boukhara avec encore une fois un taxi privé. Damir est notre chauffeur. Il ne parle pas un mot anglais mais on arrive à se comprendre avec les notions de russe de Gab et les gestes. Grâce à lui on découvrira l’impressionnante faculté des ouzbeks à boire 1/2litres de vodka comme de l’eau.

On visite la ville de Nurata (qui n’a pas trop d’intérêt pour nous), puis le lac Aydarkul principale réserve d’eau douce de la région.

Petit tour en chameau près d’Aydarkul

La fine équipe au lac Aydarkul

Une nuit en yourte

On dort dans le village de Sintab dans une famille tadjik mais qui vit en Ouzbekistan. Ce village perdu dans une petite vallée bien verte est un havre de paix. Et la cuisinière nous régale. Le coin est à visiter !

Avec Damir notre chauffeur

    Les demoiselles de Sintab

On part ensuite visiter Samarcande. Plus importante que Khiva et Boukhara, ici les monuments sont éparpillés dans une ville moderne.

 

La spécialité de Samarcande : le pain !

On termine notre périple à Tashkent qu’on rejoint en train couchette.

Tashkent, la capitale, est une ville moderne sans trop d’intérêt à pars son marché. C’est surtout la ville de transit vers le sud ou vers la vallée de Ferghana (que nous n’avons pas visité).

C’est la saison des fraises : un régal !

 

On a aimé :

  • L’accueil de la mama Zulfiya
  • Visiter les villes de Khiva et Boukhara vrais petits joyaux
  • le hammam de Boukhara
    • pour les hommes : hammam Borzi Kord
    • pour les femmes : hammam Kunjak (à gauche du minaret Kalon)
  • Le petit village de Sintab qui mérite de rester plusieurs jours (au lieu de Nurata)
  • Les fraises de Tashkent
  • Le plov : spécialité ouzbek à base de riz
  • On a eu un vrai coup de cœur pour l’Ouzbekistan. Si vous souhaitez découvrir l’art islamique c’est vraiment le pays où aller. On ne l’a pas fait mais on vous conseille de prendre des guides pour visiter les principales villes (il y a pas mal de guides qui parlent très bien français).
  • Les très beaux tissus ouzbek en coton et soie : le mieux c’est de les acheter sur le marché de Tachkent sinon pour les mosaïques bleus/verts il faut les acheter à Khiva (c’est là où sont les « master »)

On a moins aimé :

  • Faire du vélo en ouzbékistan : il y a beaucoup (trop) de vent et les routes sont pas très bonnes